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Le TDAH ou Trouble Déficit de l'Attention/Hyperactivité
Souvent réduit de manière abusive au terme "hyperactivité" ou à des enfants turbulents, le Trouble Déficit de l’Attention/Hyperactivité (TDAH) est pourtant un trouble complexe car il s'associe la plupart du temps à d'autres diagnostics. Le prendre en charge est essentiel pour les enfants, adolescents et adultes qui en souffrent au quotidien.
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Pour les parents vivre au jour le jour avec un enfant ou un adolescent ayant un TDAH et préparer son avenir, c’est affronter des défis incessants, épuisants et souvent démoralisants.Pourtant une fois diagnostiqué et pris en charge efficacement le TDAH n'est pas une fatalité, bien au contraire.
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Définition du TDAH
Le Trouble Déficit de l’Attention/Hyperactivité (TDAH) est un trouble du neuro-développement. Les premiers symptômes apparaissent généralement avant l'âge scolaire (6 ans). Le trouble persiste généralement à l'âge adulte. Il concerne environ 2% des enfants en âge préscolaire, 4% des enfants en âge scolaire, 3% des adultes de 18 à 60, et 1% des adultes de plus de 60 ans.
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Les critères du TDAH sont apparus dans la troisième édition du Diagnostic and Statistical Manual (DSM-III) en 1980. Ils ont été améliorés et sont stables depuis 1996. On les trouve aujourd'hui dans la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual (DSM-5) et dans la onzième version de la Classification Internationale des Maladies de l'Organisation Mondiale de la Santé (CIM-11).
Les causes du TDAH
Le TDAH n'est la «faute» de personne.
Son origine n'est pas encore totalement comprise mais elle est principalement d'origine génétique du fait du phénomène d'agrégation familiale que l'on observe. Quand on identifie un individu avec un TDAH, il en existe forcément dans son entourage familial.
Ce trouble est lié à un fonctionnement particulier du cerveau. On implique le fonctionnement dopaminergique (un des neuromédiateurs qui permet aux neurones de communiquer entre eux), l'éveil et l'énergie fournie aux neurones par les astrocytes (ce sont les cellules de soutien qui font le lien entre les neurones et les vaisseaux sanguins), la motivation et la capacité à maintenir son attention sur une tâche, les fonctions exécutives (qui permettent de planifier et exécuter une action jusqu'à son terme), les systèmes d'inhibition comportementale et d'approche comportementale, les mutations génétiques sur les gènes de protéines qui permettent aux membranes cellulaires de fonctionner correctement.
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Le TDAH n’est pas causé par des problèmes affectifs ou psychosociaux, même s’il peut être exacerbé par ces facteurs. Bien que les parents, les enseignants et les conjoints ne soient pas la cause du TDAH, ils peuvent avoir une très forte incidence sur la capacité de la personne touchée à faire face à son trouble.
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Il n’y a pas non plus de lien entre le TDAH et l’intelligence de la personne. Le niveau intellectuel se situe au-dessus de la moyenne chez certaines personnes avec un TDAH, mais ce n'est pas la règle.
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Les personnes souffrant d’un TDAH ont des difficultés d’attention et/ou d’impulsivité et d’hyperactivité qui affectent différentes sphères de leur vie (sociale, scolaire et professionnelle). Ce trouble plus fréquemment diagnostiqué chez l’enfant que chez l’adulte mais persiste pourtant à l’âge adulte dans 65% des cas des enfants qui en sont atteints.
Le TDAH n’est pas plus fréquent chez les garçons que chez les filles mais il se manifeste différemment : en général, les garçons présentent davantage d’hyperactivité et d’impulsivité tandis que les filles montrent plus d’inattention. Les filles sont plus aptes à camoufler les symptômes ce qui est à l'origine de diagnostics plus tardifs que chez les garçons.
Composantes du TDAH
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Le TDAH est souvent réduit à l’expression « hyperactivité » induisant qu’il ne s’agit que d’enfants agités ou turbulents. Il s’agit au contraire d’un trouble qui associe 3 groupes symptômes dont l’intensité et les manifestations sont trop intenses par rapport à l'âge de développement et varient selon la personne.
L’inattention :
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Prête difficilement attention aux détails;
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A du mal à soutenir son attention (cours, lectures, conversation);
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Ne semble pas écouter quand on lui parle;
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Ne se conforme pas aux consignes et ne termine pas ses tâches;
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Éprouve de la difficulté à planifier et à s’organiser au quotidien (travaux ou activités);
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Évite ou fait à contrecœur les tâches qui demandent un effort mental soutenu;
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Perd ses objets (notes de cours, agenda, livres, clés);
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Est facilement distrait par des stimuli externes;
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Fait des oublis fréquents (rendez-vous, rencontres).
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L’hyperactivité :
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Remue souvent les mains et les pieds, bouge sur son siège;
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A de la difficulté à rester assis;
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Court et grimpe (chez l’adulte : bougeotte);
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A de la difficulté à rester tranquille (travail et loisirs);
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Est souvent « sur la brèche », ou survolté;
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Parle souvent trop.
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L’impulsivité :
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Répond aux questions avant qu’elles ne soient formulées;
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Arrive difficilement à attendre son tour;
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Interrompt souvent les autres ou impose sa présence (fait irruption dans les conversations).
Les symptômes d'hyperactivité (agitation motrice) sont ajoutés aux symptômes d'impulsivité.
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Durée des symptômes
Certains symptômes peuvent avoir commencé avant l'âge de 6 ans. Ils doivent être génants dans différents environnements (école/travail, domicile, centre aéré/vacances, hobbies, etc.). Avant 18 ans, les symptômes doivent avoir été présents depuis au moins 6 mois au jour de l'évaluation clinique. Après 18 ans, les symptômes doivent avoir suffisamment duré pour causer une gêne.
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Le nombre minimal de symptômes est de 6 sur 9 avant 18 ans et de 5 sur 9 à partir de 18 ans. Chez l'adulte, on doit vérifier l'existence du diagnostic aussi dans l'enfance avec "au moins 3 symptômes génants". En effet, les souvenirs peuvent être flous et il est important de recueillir des informations telles que livrets scolaires, témoignages de proches, etc.
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On parle de présentation clinique (au jour de l'évaluation clinique):
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Inatttentive prédominante s'il y a suffisamment de symptômes d'inattention mais pas assez de symptômes d'hyperactivité-impulsivité
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Hyperactive-impulsivité prédominante s'il y a suffisamment de symptômes d'hyperactivité-impulsivité mais pas assez de symptômes d'inattention
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Combinée s'il y a suffisamment de symptômes d'inattention et suffisamment de symptômes d'hyperactivité-impulsivité
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Les conséquences du TDAH
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Les conséquences du TDAH concernent l'individu durant toute sa vie ainsi que son entourage. Elles peuvent être graves (par ex. toxicomanie, dépression voire suicide, incarcération). L'hyperactivité diminue classiquement à l'adolescence mais pas l'inattention et l'impulsivité. Le TDAH persiste dans 60% des cas après 18 ans. Son évolution est généralement variable avec des périodes de rémission et de rechute. Avec le temps, d'autres diagnostics peuvent apparaître: on parle de troubles comorbides qui viennent alourdir le fardeau.
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Les études à long terme montrent les individus avec un TDAH:
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abandonnent davantage l’école (32%-40%)
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accèdent moins aux études supérieures (22%-77%),
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ont peu ou pas d’amis,
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perdent plus facilement leur travail ( 55%-23%),
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commettent plus d’actes délictueux,
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ont un risque plus élevé :
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de fumer du tabac (à 17 ans 46% des jeunes TDAH contre 24% des non TDAH),
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de fumer plus tôt (15,5 ans au lieu de 17,4 ans)
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de présenter une addiction à d'autres substances (par ex. alcool) ou à des comportements
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de contracter une maladie sexuellement transmissible ou de tomber enceinte jeune
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d'accidents d’accidents de la circulation (par étourderie et excès de vitesse)
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etc.
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Le TDAH comme un trouble de l'inhibition:
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Une altération des fonctions exécutives n'est pas rare dans le TDAH: on parle alors de syndrome dysexécutif. Mais ce n'est pas toujours le cas.
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La première des fonctions exécutives d'après Barkley est l'inhibition (qu'on retrouve sous la forme d'un système d'inhibition comportementale dans le modèle Reward Sensitivity Theory (RST) de Jeffrey Gray). Cette fonction primaire serait à la base du développement normal: "Grandir, c'est apprendre à s'inhiber".
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Une altération de cette fonction serait ainsi à la base des symptômes du TDAH que l'on peut reformuler pour mieux les comprendre en les faisant précéder de: "A quel point vous est-il difficile de ne pas ..."