Les traitements médicameneux disponibles

Les traitements médicamenteux spécifiques du TDAH sont classés en molécules de première ligne et de seconde ligne. Il est impossible de lister ici toutes les formes commerciales (y compris les génériques) et toutes les molécules disponibles dans le monde. En France, seules les spécialités à base de méthylphénidate disposent d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).

Parmi les molécules de première ligne, on trouve :

 

-   des molécules psychostimulantes

  • amphétamines

    • A libération immédiate

    • A libération prolongée

  • méthylphénidate

    • A libération immédiate

    • A libération prolongée

 

-   une molécule non-psychostimulant

  • atomoxétine

Parmi les molécules de seconde ligne, on trouve les antihypertenseurs centraux (a2-adrénergiques) :

-   clonidine (Catapressan®)

-   guanfacine (Estulic®, Intuniv®)

 

D’autres molécules ont pu montrer une efficacité sur les symptômes du TDAH :

-   certains antidépresseurs

-   buproprion (Zyban®)

-   agonistes de la nicotine (patchs)

 

Les antipsychotiques et les normothymiques n’ont aucune indication dans le TDAH lui-même. Leur prescription peut être envisagée devant des comorbidités avérées.

Le diagnostic de Trouble Déficit de l’Attention/Hyperactivité (TDAH) et le médecin vous a proposé un traitement par Méthylphénidate commercialisé sous le nom de Concerta®, Quasym®, Medikinet® ou Ritaline®:

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament a édité une brochure spécialement destinée à l’information des patients et des parents, ainsi qu’un rapport d’analyse qui permet de faire le point sur la prescription du Méthylphénidate en France:

Cliquer sur l'icone pour télécharger la documentation:

Le méthylphénidate (Medikinet®, Ritaline®, Ritaline LP®, Concerta LP®, Quasym LP®) est indiqué dans le cadre de la prise en charge du trouble déficit de l’attention / hyperactivité (TDAH) chez l’enfant de 6 ans et plus, lorsque les mesures correctives psychologiques, éducatives, sociales et familiales seules s’avèrent insuffisantes.

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Les formulations génériques

Qu'est-ce qu'un générique?

Un générique est un médicament conçu à partir d'un principe actif d'un médicament déjà autorisé (donc disposant d'une Autorisation de Mise sur le Marché, AMM) dont le brevet est tombé dans le domaine public. Ce médicament d'origine est appelé princeps.

Un générique doit avoir la même composition que le princeps, la même forme pharmaceutique et avoir démontré qu'il a la même efficacité thérapeutique (on parle de bioéquivalence).

Pour que deux médicaments soient déclarés être bioéquivalents, il faut réaliser des essais cliniques pour comparer plusieurs paramètres:

  • La biodisponibilité: c'est la fraction du médicament qui est retrouvée dans la circulation sanguine et qui va atteindre le ou les sites d'action, soit sous forme inchangée soit sous forme de métabolites actifs. On parle d'Aire sous la Courbe (AUC) pour quantifier le fraction du médicament qui a effectivement circuler dans l'organisme pendant sa durée de vie.

  • La Cmax: c'est la concentration maximale du médicament dans le sang après administration.

  • La Tmax: c'est la durée pour atteindre la Cmax après administration.

 

Pour conclure à la bioéquivalence, il faut que l'intervalle de confiance à 90% de ces trois paramètres soit compris dans la fourchette 80% - 125%. En général, un écart de 5% est toléré.

 

Courbes comparant la biodisponibilité du CONCERTA (une gélule à 18 mg) et de RITALINE à libération prolongée (3 comprimés à 5 mg). Modifié depuis http://real-psychiatry.blogspot.com/2015/11/the-myth-of-rescue-medications.html

Le remboursement des génériques par l'Assurance Maladie en France

A partir du 1er janvier 2020, votre médecin ne peut continuer à noter sur l'ordonnance les lettres "NS" à côté d'un médicament pour indiquer qu'il ne souhaite pas que le pharmacien lui substitue un médicament générique. Mais cette possibilité est restreinte à trois cas seulement:

  • MTE (Marge Thérapeutique Étroite): lorsqu'un patient est stabilisé avec un médicament.

  • EFG: Enfant de moins de 6 ans lorsqu'il n'y a pas de médicament générique adapté à cette tranche d'âge

  • CIF (Contre-Indication Formelle): contre-indication formation et démontré à un excipient à effet notoire présent dans tous les médicaments génériques disponibles et absent du princeps.

Si votre médecin a justifié sa prescription avec une de ces trois situations, le pharmacien vous délivre le princeps et vous être remboursé sur la base du prix du princeps sans faire l'avance des frais (principe du tiers-payant).

Si vous refusez le générique (et donc sans mention "NS" du médecin sur votre ordonnance):

  • Vous ne bénéficiez plus du tiers-payant. Vous payer le prix du princeps pour la totalité de l'ordonnance, le pharmacien établit une feuille de soins que vous adressez à votre caisse d'Assurance Maladie pour être remboursé.

  • Le remboursement se fait sur la base du Tarif Forfaitaire de Responsabilité (TRF) qui est généralement le prix du générique le plus cher. La différence de prix entre le princeps et le générique reste donc à votre charge.

Les génériques du Concerta...

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques commercialisent des formes génériques du Concerta... et non des autres spécialités.

 

En France, depuis le mois d'août 2018,​ le laboratoire MYLAN commercialise un générique environ moitiés moins cher que le princeps sur la boîte duquel est simplement noté "Méthylphénidate LP":

  • Méthylphénidate Mylan 18 mg: 14,68 € contre Concerta 18 mg: 26,72 €

  • Méthylphénidate Mylan 36 mg: 19,49 € contre Concerta 36 mg: 38,86 €

  • Méthylphénidate Mylan 54 mg: 22,56 € contre Concerta 54 mg: 41,72 €

Le laboratoire TEVA a aussi obtenu une AMM en janvier 2018 sans avoir encore commercialisé son générique.

De nombreux témoignages dans le monde pointent le fait que, d'une manière générale, les génériques ne sont pas bioéquivalents au princeps. Aux USA, un seul des quatre génériques mis sur le marché aurait des paramètres pharmacocinétiques proches du Concerta.

Si vous constatez des différences d'efficacité ou de tolérance du médicament générique par rapport au princeps que vous aviez l'habitude de prendre auparavant, prévenez votre médecin lequel pourra juger de l'opportunité de rédiger un rapport circonstancié qu'il adressera au Centre Régional de Pharmacovigilance. Il s'agit d'une obligation faite au médecin par le Code la Santé Publique (article R5121-152).